jeudi 13 novembre 2008

Comme des bêtes !

J'avais aperçu une fois sur la route vers Tignes un renard et un chevreuil. Depuis, à chaque fois que j'y monte, j'ai droit au bout du fil à la question:
- Dis, Papa, t'as vu quoi comme animaux ?
Je cherche vainement si autre chose qu'une vache, chat ou chien aurait pointé à mon horizon. Rien.
- J'ai vu un chien des neiges, un Husky !
- Aaaah. Et puis quoi encore ?
A court d'idée, je pense à mes amis skieurs incomplets:
- J'ai vu un manchot!
- Oh, moi, je me serais approché et je l'aurais pris en photo! Quoi encore ?
- Des paraplégiques...
- Ah, ça, c'est méchant comme animal, hein ?
- Et même un hémiplégique dans la montagne.
- Est ce que ça mord, un meumeupleugique ?...

Il y avait également là haut le lot des piquets habituels qui parsèment le champ du glacier, et entre les piquets, des bêtes de ski du monde entier...

Si j'ai bel et bien trouvé en deux jours de slalom spécial des réglages quasi parfaits, je reste encore sur ma faim en Géant. Celui-ci a surtout servi à contrôler la qualité des protections, et la souplesse de la nuque. En trois étapes.
Une accélération en sortie de courbe dans le creux d'un mouvement de terrain m'éjecte dans les airs. A un mètre de haut environ. J'écarte les patinettes et secoue les bras pour voler comme un oiseau, mais retombe lourdement sur l'épaule gauche - celle luxée 24 fois et opérée à trois reprises. Pas la moindre douleur, mais le ski est brisé.
Heureusement, le second ski course de la paire attend son tour en bas du tire-fesse.
Il ne va hélas pas tarder à rejoindre son frère suite à un roulé-boulé latéral où le bob me passe au dessus de la tête avec un certain humour de répétition. Crac le ski. Même pas mal, on continue. Mais avec quel ski ?
Manu me propose généreusement un des siens pour prolonger la séance. J'hésite par crainte de le lui briser. Il insiste. Je me lance, mais la fixation arrière lâche au milieu du parcours, à pleine vitesse. Cette fois ci, c'est la gueule qui plonge dans la neige, le corps qui se tord et le bob fait quelques flip-flaps avec bascule faciale. Figure digne de mes collègues pyrénéens.
Il est temps d'arrêter les dégâts: on recommence la semaine prochaine !

2 commentaires:

Fréd a dit…

Alors, est-ce qu'ils sont méchants ces animaux polaires, quoi qu'assez exotique sur un glacier (manchot, paraplégique et meumeupleugique) ?

Anonyme a dit…

Ils n'ont pas l'agréssivité des ours blancs mais il faut quand même s'en méfier lorsqu'on sent leur souffle chaud...

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