dimanche 27 octobre 2013

Entre deux stages, le semi-marathon de Lausanne en handbike

Samedi, le soleil est prometteur et il semble bien que le semi-marathon va se courir le lendemain dans des conditions idéales.
Mais au petit matin du Dimanche, j'entends gronder l'orage et le bruit des gouttes sur les vitres redoublent d'intensité.
Mon fiston ouvre un oeil et gromelle:
- Papa, tu vas morflé.

Optimiste, je me dis que c'est un orage passager. Cependant, lorsque je m'équipe, la pluie n'a pas cessé et il me faut réviser mes prévisions vestimentaires. Sur la ligne de départ, complètement rincé, mon K-way dégouline et des rigoles se forment le long du pantalon. Un petit abri me permet de retirer les couches protectrices déjà gorgées d'eau, car de toute manière, j'en suis convaincu, le gros de la pluie est derrière nous. Je m'aligne comme prévu, sous-vêtement de ski et maillot du club par-dessus. La catégorie "handbike avec un toit" n'existe pas encore.

A mes cotés, je salue Jean-Yves Michelot (vieille connaissance de ski) et les autres concurrents, croisés de ci de là. Tous ont adopté la position allongée, je suis le seul assis. L'animateur annonce la présence de quelques "caids" et l'absence de Jean-Marc Berset. Il me dira plus tard que la tempête sur la route l'a convaincu de rentrer chez lui pour tourner les manivelles... au sec dans son garage.

Top départ, ça démarre très vite. Sur la partie droite de la route, deux lignes de handbikes se forment. On est un peu entassé et il faut faire attention à ne pas se percuter. Un vélo touche un plot de bordure orange, qui glisse... en aquaplanning. Je le vois s'arrêter juste à ma gauche. Cétait joli. Passe alors comme un bolide Didier Corton, le futur vainqueur solitaire. Deux mini jets d'eau s'envolent derrière ses roues arrières. C'est élégant. J'aimerais m'en servir comme poisson pilote mais mes bras me rappellent à la dure réalité. Ma tentative ambitieuse de rester au contact du premier peloton s'avère en fait désastreuse; mes efforts sont trop irréguliers. Heureusement je suis rejoint par mon alter égo (l'autre Jean-Yves du circuit) qui roule à peu près à mon rythme, ainsi que par Yves, laché dans les montées mais qui revient toujours sur nous dans les descentes. Quelques relais nous amènent vite à la mi-parcours. Demi-tour toute. Il pleut aussi à Epesses.


Optimiste, j'espère qu'en se relayant bien à trois, nous pourrons rejoindre quelques coureurs qui n'ont pas trop d'avance. Le problème du relais, c'est l'eau qui gicle du hanbike devant. En me tenant bien au milieu, la flotte retombe sur les bras, ce qui est un moindre mal. Si dans les montées, je creuse régulièrement l'écart, mes deux poursuivants reviennent vite à mes trousses dès que le terrain s'aplatit. Et ils n'ont pas l'intention de me laisser seul. J'économise mes efforts pour le sprint final. A mon grand dam, il est lancé par une descente et Yves file devant sans que nous puissions le rejoindre. J'entends des "allez Jean-Yves" en provenance de nos deux familles mais pas le temps de les saluer. Un effort rageur me permet de revenir à hauteur de Jean-Yves Michelot, qui lui aussi se démène jusqu'au bout. Nous finissons au coude à coude, au sens propre du terme. Un dixième de seconde nous sépare, à son avantage car son dossart à puce est à l'avant quand le mien est derrière le dossier! 45'50'' nous aura été nécessaire, notre meilleur chrono pour nous deux.

Nous rions bien de cette course un peu dingue, ce final côte à côte et de notre état parfaitement lessivé, de la tête au(x) pied(s). Nous nous demandons pourquoi tout le monde a un parapluie. Ah oui, la pluie continue de tomber. Nous l'avions oublié.

Mon fiston me rejoint alors avec sa trottinette et demande, l'oeil ironique:
- Ça va, pas trop morflé ?


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