mercredi 22 janvier 2014

Copper Mountain, Colorado: victoire en coupe du Monde

On m'a prévenu qu'à la 8ème porte le terrain est "miné". Je reste large mais sors vite de la triple. Très vite, trop vite. Une baignoire sur la porte suivante m'éjecte en contrebas, gros dérapage forcé pour passer in extremis à vitesse réduite la porte suivante. Je me dis 'quel idiot! il fallait ralentir sur la triple' ! Je repars désolé, convaincu que le reste du parcours n'est plus que pour le fun.
La ligne d'arrivée franchie, une grosse surprise m'attend:  3ème chrono, à 7 dixièmes de seconde du premier, l’indéboulonnable japonais Suzuki. Malgré mon énorme boulette, je reste dans la course. Tous les espoirs sont donc permis avec une 2ème manche solide.

Devant le portillon, la main du commissaire de course se baisse: interruption. Je recule. Le haut de mon masque s'emplit d'une buée légère. Je le tends vite à la kiné à coté, qui, surprise, s'active à le nettoyer. Mais aussitôt, le commissaire lève le bras: "go". Pas le temps de peaufiner, je remets le  masque vite fait : à la place de la buée, quelques traces floues. Je m'élance en riant.
Dès la 2ème porte, je n'y pense plus. Mais à mi-parcours, un piquet percute le masque qui se retrouve de quinconce sur mon nez, Je ne vois plus le parcours que d'un œil!
Je finis sans boulette mais douteux de ma performance: avec cette vision partielle, sûrement ai-je mal skié. Pourtant, les commissaires qui récupèrent mon dossard m'assurent qu'ils ont adoré mon passage et aimeraient pouvoir skier aussi vite!
L'autrichien Philippe Bonadimann déboule et me demande le résultat. Je suis trop loin du tableau d'affichage, je ne vois pas les temps. Un coureur me regarde en levant le pouce et le coach me dit, c'est bon pour le podium. J'aperçois enfin les chronos tandis que Suzuki finit sa démonstration. L'oeil rivé sur la colonne des dixièmes de seconde, je vois que j'ai gagné. Des coureurs et le coach me tapent dans la main, J'ai un peu de mal à réaliser. L'euphorie est partagé avec tout le staff et les autres coureurs. C'est ce plaisir collectif qui est le plus fort. Une victoire en coupe du Monde, c'est énorme, ça me qualifie pour Sotchi (s'il n'y pas de contretemps, restons prudent) et en ski assis français c'est quasiment unique (la dernière remonte à La Molina en 2009).
Ce n'est qu'une étape vers les Jeux mais elle est bel et bien franchie.
Vive le Colorado !






2 commentaires:

fred a dit…

Bravo Jean-Yves!!! C'est génial la qualification pour les jeux. Super content pour toi. Tu vas tout rafler!

Jean-Yves Le Meur a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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