jeudi 20 mars 2014

La tournée de Rosa Kuhtor (semaine 2)

Tout ça pour ça...
La cruauté du slalom en ski dans toute sa beauté: une piste "champs de mine", une neige saturée de sel et de PTX, des dossards pour skieurs assis qui débutent au numéro 70, une piste que je découvre pour la première fois, avec sa pente à plus de 65%... un enfourchage programmé et une expérience qui ressemble à celle de Vancouver - en pire car je n'ai pas pû prendre part aux épreuves de SuperG et Combiné, malgré une tentative d'inscription des coachs de dernière minute.

Aprés des mois de préparation minutieuse et de concentration méthodique sur l'épreuve à venir, se retrouver face à cette sortie de piste aussi vite est surréaliste.
Après une victoire en coupe du Monde en Janvier - unique victoire d'un skieur assis français depuis la mise en place des podiums uniques en 2002 ! - et en plus devant le champion paralympique Suzuki, être mis hors jeu aussi bêtement me laisse ko.

Je m'en veux terriblement: je suis le premier responsable de cet échec. J'assure la partie haute de la course particulièrement "défoncée" mais je lache un peu trop tôt pour prendre de la vitesse sur le plat - ce qui me conduit à une faute de trajectoire. Out. C'est fini.
Lorsqu'on gagne, la victoire est partagée avec tout le staff. Chacun prend sa part de gloriole. Le plaisir est amplifié. Mais quand on perd, personne n'est volontaire pour partager ! La défaite est toujours solitaire. Certains qui serrent si chaleureusement les mains des podiomés se détournent aussi vite que possible - c'est de la gêne autant que le besoin d'esquiver ce partage-là: on évite de partager l'échec. Je le comprends.

Alors je m'en remets à la littérature et je lis avec amusement Samuel Beckett:
"Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better." Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Échoue encore. Échoue mieux. 

Heureusement, l'expérience de ces Jeux reste néanmoins exceptionnelle. Avec ces cérémonies incroyables, une organisation parfaitement huilée, un traitement des athlètes unique, un public surmotivé, des supporters adorables, une équipe de France rayonnante et joyeuse, et pour finir une place de neuvième honorable en Géant...

J'en garderai plein de souvenirs très forts, aucun regret mais la frustration encore vive d'avoir laissé filer la possiblité d'une médaille en slalom.












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