lundi 12 janvier 2015

Des mathématiques à La Molina

Prenez le chiffre 10, divisez le par deux, prenez le résultat, et recommencez. Quatre fois de suite en utilisant l'arrondi supérieur.
Vous obtiendrez mes classements aux slaloms de la coupe du monde de La Molina.

Jour un: l´échauffement avant la course butte sur un roulé-boulé dont le ski ressort mort et mon corps vermoulu. Contusion inter-costale conclura le docteur deux jours plus tard, que je finis par consulter, douleur persistante oblige. Francois, infaillible kiné, avait déjà la bonne idée.
Première manche fouarée: je finis 10. Un engagement réticent, un grand travers au milieu et me voilà relégué chez les vétérans. Deuxième manche un peu moins timide, 7ème, mais je reste 10 de la course. Mes concurrents habituels sont loin devant. Pourquoi ? Le profil de la piste, la douleur costale que je tente d'ignorer, mon age avancé ?

Jour deux: avec le délabrement de mon état physique, changement d'approche. Je me lance dans le minimalisme. Une piste d'échauffement, repos. Une reco, repos. 1er run, repos. 2ème reco, repos. 2ème run. Repos. Je ne peux pas faire moins. Un peu plus de jus sur la course me ramène à la 5ème place: 10/2.

Jour trois: changement de piste, plus de glace, plus de pente, cela me ravit mais je conserve mon approche minimaliste. Une confiance néanmoins douteuse me fait faire un premier run "sous contrôle". Position 5, encore. Marre d'être 5, ça commence à bien faire, je ne vais pas rester 5 comme la veille. Allez, à fond dans la deuxième. Ca passe, je gagne la manche pour 5 petit centièmes de secondes.  Trois amputés pour ce podium, la difficulté ne favorise pas les paralysés. Aidé par les erreurs de Thomas l'Allemand et de Walker l'Americain, je saute sur la boite, derrière Dino le Croate et Suzuki le Japonais. Troisième: 5/2, arrondi à la valeur supérieur.

Jour quatre: la suite mathématique me poursuit. J'y pense la nuit mais j'ignore si la logique est de continuer à arrondir à la valeur supérieure ou si par bonheur un arrondi à la valeur inférieur ne serait pas plus logique, pour compenser. Avec la victoire en première manche (mon run le plus réussi), je peux y croire. C'est inhabituel: être en tête à mi-parcours en coupe du monde est une innovation. Je m'élance avec un zeste de crispation dans le dernier run. Après, on démonte tout. Dernier coureur de la dernière course de cette tournée.
Un zeste qui coûte 23 centièmes de secondes, le temps qui manque au final pour pouvoir arrondir à la valeur inférieure. Bravo à Suzuki - si rapide. Je suis 2: 3/2 arrondi au supérieur.

Du coté de Marie, pas besoin de la base 10, ses résultats sont livrés dans un style télégraphique: 1:2:1:1... Quant à mes compères skieurs assis, ils haussent également leur niveau à chaque course, et Fred finit 4 le dernier jour, à deux doigts du podium.

Cette tournée a été très intellectuelle. Arithmétique, grandes discussions d'équipe sur la valeur des réseaux sociaux, paternité et autres thèmes éternels et bien entendu le "Je suis Charlie" autour duquel nous convergeons tous énergiquement.



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